mardi, 08 août 2017 04:21

Afrique du Sud: vote à bulletin secret pour la motion de défiance contre Zuma Featured

Written by RFI
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En Afrique du Sud, c’est une première et c’est une victoire pour l’opposition. La présidente de l’Assemblée nationale, Baleka Mbete, a annoncé que la motion de défiance visant Jacob Zuma ferait l’objet d’un vote à bulletin secret. Les leaders de l’opposition espèrent faire basculer le vote, mardi,  en ralliant certains parlementaires de la majorité, lassés des frasques du chef de l’État, empêtré dans une série de scandales. C'est la quatrième fois que Jacob Zuma doit faire face à une motion de défiance de ce type, et jusque-là, toutes les tentatives pour faire tomber le président ont échoué. La majorité écrasante de l'ANC au Parlement ne laisse généralement aucune chance à l'opposition. Mais celle-ci veut croire que les choses se passeront différemment si les députés peuvent voter à bulletin secret. Si la motion de défiance est adoptée, Jacob Zuma et son gouvernement devront démissionner. Des élections seront ensuite organisées dans les trente jours, ouvrant certainement une période de très fortes turbulences pour le parti majoritaire. « Nous saluons la décision de notre future présidente par intérim... car comme vous le savez, une fois que Zuma aura démissionné demain, c'est la présidente du Parlement qui prendra l'intérim, et je crois qu'elle a toutes ses chances ! Nous sommes convaincus que les députés de l'ANC prendront la bonne décision », a rappelé Julius Malema, avec ironie. De son côté, le chef de file de l'Alliance Démocratique, Mmusi Maimane, a estimé que « les députés n'ont plus d'excuses » pour protéger Jacob Zuma, alors que de grandes manifestations se préparent dans le pays pour demander le départ du chef de l’Etat. « Les Sud-africains seront des milliers à se réunir devant le Parlement demain, car ils ont besoin que l'on enlève cette corruption à la tête de l'État », a-t-il souligné. Face à l'opposition, le chef du groupe ANC au Parlement, Jackson Mthembu, s'est montré confiant. « Evidemment, l'ANC accepte tout à fait cette décision même si, bien entendu, nous ne pensons pas que cette motion de défiance aille dans l'intérêt du peuple sud-africain », a-t-il précisé. L'ANC possède 249 sièges sur les 400 que compte le Parlement sud-africain. Il faudrait donc qu'au moins 50 de ses députés votent en faveur de cette motion de défiance pour qu'elle ait une chance d'être adoptée. ■ Comment en est-on arrivé là ? Cela fait des mois que l'opposition et la société civile font bloc pour dénoncer la corruption au sommet de l'État et demander le départ du président sud-africain. Plus récemment, la colère a fini par gagner les membres de l'ANC eux-mêmes. La condamnation de Jacob Zuma par la Cour constitutionnelle dans l'Affaire Nkandla, le limogeage du ministre des Finances Pravin Gordhan, pourtant très respecté, et ses liens avec la sulfureuse famille indienne Gupta, ont poussé certaines figures du parti à sortir de leur réserve. Peu de temps avant sa disparition fin mars, Ahmed Kathrada, l'ancien compagnon de lutte de Nelson Mandela, avait écrit une lettre ouverte au président pour lui demander de « prendre la bonne décision » et de quitter le pouvoir. Les vétérans de l'ANC ne cachent plus leur déception et les alliés historiques du parti majoritaire font peu à peu défection. Tous demandent aujourd'hui aux députés de l'ANC de voter « selon leur conscience » et « dans l'intérêt national » en poussant Jacob Zuma vers la sortie. Le vote de cette motion de défiance à bulletin secret doit en principe les protéger, et garantir la liberté de leur choix. Mais des considérations plus politiques sont en jeu alors que le parti doit élire son nouveau président à la fin de l'année.  

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