dimanche, 13 août 2017 02:26

Etats-Unis: violents affrontements lors d'un rassemblement de l'extrême-droite Featured

Written by RFI
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De violentes échauffourées ont éclaté samedi 12 août 2017 entre groupuscules de l'extrême droite américaine et militants antiracistes réunis à Charlottesville, en Virginie, forçant le gouverneur de l'Etat à déclarer l'état d'urgence et la police à décider l'interdiction du rassemblement. Alt-right, néo-nazis, membres du Ku Klux Klan, les groupes de la droite radicale et identitaire américaine se sont rassemblés en masse ce samedi 12 août 2017 à Charlottesville, en Virginie. Leur objectif : dénoncer de façon unitaire le projet de déboulonner dans ce jardin municipal la statue d'un général sudiste favorable à l'esclavagisme. Rassemblée sous la bannière « Unite the right », « unir la droite », l’extrême-droite voulait faire de cette journée le paroxysme de plus d’un an de controverses autour du sort de cette sculpture. Dans un air chargé en gaz lacrymogène, les heurts entre manifestants de la droite radicale et contre-manifestants se sont multipliés avant même le début prévu du rassemblement, avec des rixes, des jets de projectiles et des échanges de coups de bâton. Selon la police de Virginie, deux personnes ont été blessées dans les violences. Les craintes de débordements plus graves étaient avivées par la présence d'armes portées ouvertement par les manifestants, ainsi que le permet la loi dans l'Etat de Virginie. Des membres de milices d'extrême droite s'étaient ainsi positionnés en tenue paramilitaire, fusil semi-automatique en bandoulière, non loin de forces de l'ordre très sollicitées. En conséquence, les autorités ont décidé peu avant midi, heure locale, d'interdire la manifestation prévue et la police anti-émeutes a procédé à l'évacuation du parc public où elle se tenait. Les forces de l'ordre ont procédé à un nombre inconnu d'interpellations. Etat d'urgence Dans le même temps, l’état d’urgence a été déclaré par le gouverneur démocrate de la Virginie, Terry McAuliffe, ce qui lui a permis de mobiliser d’avantage de policiers. M. McAuliffe avait appelé dès ce vendredi les habitants à éviter de se rendre à ce rassemblement, pour lequel un détachement de la Garde nationale de l'Etat avait été mis en alerte. « De nombreuses personnes attendues [samedi] à Charlottesville veulent exprimer des idées considérées par beaucoup de gens, y compris moi-même, comme abjectes. Tant qu'ils le font pacifiquement, c'est leur droit », avait souligné le gouverneur. Trois morts Dans l'après-midi, ce samedi, une voiture a foncé sur la foule des contre-manifestants antiracistes, faisant au moins quatre blessés, dont l'une a été évacuée sur un brancard. « Une fille au sol a été mutilée. C'était volontaire, ils ont fait exprès de reculer », a raconté un homme, témoin de la scène. Le maire de la ville, Mike Signer, s'est déclaré, sur Twitter, « révolté et écoeuré par cette collision automobile qui a fait beaucoup de blessés ». Une demi-heure plus tard il annonce sur le même réseau social « la perte d'une vie humaine » et enjoint ses concitoyens à « rentrer à la maison ». Un bilan qui s'est par la suite alourdi de deux autres morts. « Nous avons des gens qui sont venus ici pour provoquer la confusion, le chaos et le trouble, lesquels ont provoqué trois décès », a déclaré Maurice Jones, directeur municipal de Charlottesville, au cours d'une conférence de presse. « Vitrine de haine » « Cet événement pourrait offrir une vitrine historique de haine, en rassemblant en un seul lieu un nombre d'extrémistes inédit depuis au moins une décennie », avait averti Oren Segal, directeur du Centre sur l'extrémisme de l'Anti-Defamation League (ADL), une association de lutte contre l'antisémitisme. Le 8 juillet 2017, quelques dizaines de membres du Ku Klux Klan s'étaient déjà rassemblés dans cette ville paisible et pittoresque, très largement surpassés en nombre par les manifestants antiracistes. Mais les images de ces extrémistes en robe traditionnelle avaient été diffusées dans le monde entier. Cette fois-ci, la droite nationaliste espérait attirer nettement plus de partisans, grâce à la présence de différents responsables de la mouvance Alt-Right, qui avait soutenu Donald Trump pendant sa campagne. Ce dernier a dénoncé samedi, via Twitter, la « haine » et la « violences » qui se sont déroulées dans la ville, sans préciser s’il visait uniquement les groupes d’extrême-droite. De son côté, Paul Ryan, le leader républicain au Congrès, a dénoncé ce rassemblement de l'extrême droite comme un « spectacle répugnant » fondé sur un « sectarisme vil ». (Avec AFP).

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