dimanche, 09 février 2014 03:22

L'exode des musulmans de Centrafrique se poursuit

Written by RFI
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L'exode des musulmans de la capitale centrafricaine s'est poursuivi ce samedi avec un nouveau vol de rapatriement vers Ndjamena. Depuis la fin décembre, ils sont 17 000 à avoir fui vers le Cameroun, 52 000 vers le Tchad.Si au début ils partaient par leurs propres moyens, aujourd'hui ils peuvent bénéficier des convois de camions organisés par l'armée tchadienne qui les amènent à la frontière, ou des vols vers Ndjamena, affrétés par le gouvernement tchadien et par l'Organisation internationale des migrations.   Le chef de la force africaine en Centrafrique (Misca), le général Martin Tumenta Chomua, a menacé ce samedi les groupes armés de recourir à la force pour arrêter assassinats, lynchages et pillages qui se poursuivent à Bangui et en province en toute impunité. « Je demande à tous les hors-la-loi de déposer les armes, à tous les ex-FACA (forces armées centrafricaines, armée régulière) de rester cantonnés. Sinon, ils seront considérés comme des hors-la-loi, des bandits et trouveront en face d'eux les forces de la Misca pour mettre un terme à leurs agissements », a averti lors d'un point de presse le général camerounais Martin Tumenta Chomu. Face aux violences, malgré la présence des 5 400 soldats de la Misca et des 1 600 Français de Sangaris, l'exode des musulmans de la capitale s'est encore poursuivi samedi avec un nouveau vol rapatriant des ressortissants tchadiens à Ndjamena. Depuis le 21 décembre 2013, les rotations aériennes avec Bangui ont déposé à Ndjamena près de 16 000 personnes. Mais la plupart des « retournés » - ces Tchadiens qui reviennent au pays après avoir tout laissé derrière eux - s'entassent chaque jour un peu plus dans l'un des 5 camps gérés par l'OIM, situés non loin de la frontière. Plus de 6 000 « retournés » à Goré, dans le sud du Tchad  Anour Oumar Abdelkarim est arrivé en Centrafrique en 1980. Et fin décembre il a dû quitter la ville de Paoua ou il vivait : « A Bozoum, à 120 Km de Paoua, il y a les anti-balaka. Ils annoncent qu'ils vont progressivement vers la ville de Paoua pour faire n'importe quoi à Paoua. C'est ça qui a motivé notre départ au Tchad ».   Beaucoup de ces « retournés » arrivent au Tchad pour la première fois, puisqu'ils sont nés en Centrafrique. D'autres ne sont même pas Tchadiens. « Le jour où nous avons quitté là-bas, toute personne de bonne volonté qui a voulu monter dans le véhicule a pu le faire, pas seulement des Tchadiens. Il y a même des Centrafricains. Nous sommes venus ensemble à Goré », raconte à RFI Anour Oumar Abdelkarim.   Le flot continu de réfugiés semble loin de se tarir à Goré. Et les pénuries se font criantes. Alain Abdoulaye est l'un des administrateurs du camp : « Au niveau de la nourriture, au niveau de la santé, au niveau surtout de l'abri, la situation est vraiment très alarmante. Au niveau du PAM, on a donné sept jours de ration alimentaire, c'est même déjà expiré ».  17 000 au Cameroun Si une grande partie des musulmans centrafricains ont fui au Tchad, ils sont également nombreux à trouver refuge au Cameroun. Ces deux dernières semaines, plus de 17 000 ont passé la frontière. C'est le cas d'Ahmat (pseudonyme) qui est arrivé mercredi à Kenzo en provenance de Berberati, dans l'ouest de la Centrafrique. « C'est pénible pour le moment, surtout pour les petits enfants et les femmes [...] Le HCR s'occupe des petits enfants, mais ce n'est pas suffisant. Nous sommes venus avec un peu d'argent. Mais dans une semaine,comment fera-t-on ? », s'inquiète Ahmat. Tous ne sont pas centrafricains, précise Mohamadou Guindo, chef du bureau du Haut Commissariat aux réfugiés à Bertoua, dans l'est du Cameroun.« Il y a des Centrafricains, des Camerounais, des Tchadiens, des Maliens, des Nigerians... Ce sont à plus de 90 % des musulmans. Dans certains cas, ils ont fui le pays suite à des combats qui ont eu lieu dans leurs villages entre des anti-balaka et des ex-Seleka. Mais pour d'autres, ils sont partis après des informations ou des rumeurs faisant état d'une avancée des anti-balaka vers leurs villages », indique Mohamadou Guindo. Il y a un mois l'OIM demandait 17,5 millions de dollars pour organiser les retours et apporter une aide d'urgences aux déplacés. L'organisation n'a reçu que 8 % de cette somme. Dans ce contexte de crise persistante, le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, débute dimanche à Ndjamena une tournée axée notamment sur la poursuite de l'action militaire de la France pour stabiliser la Centrafrique.  Après la capitale tchadienne, le ministre français se rendra à Brazzaville et à Bangui.  A Bangui, une situation intenable, selon l'UNICEF     Grant Leaty responsable des urgences pour l'Unicef à Bangui La situation dans laquelle Bangui se trouve maintenant est intenable. Il y a plus de 68 sites de déplacés, presqu'un million de gens qui vivent dans des conditions précaires, même s’ils sont sous des tentes. Il faut dire qu’il va y avoir la saison des pluies qui va commence bientôt et les pluies en Centrafrique sont torrentielles. (...) Pour nous la clé de voûte de la normalisation de la situation en Centrafrique passe par la sécurité...

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