dimanche, 17 janvier 2016 01:37

L'AIEA donne son feu vert à la mise en œuvre de l'accord nucléaire iranien Featured

Written by RFI
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L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a donné samedi soir son feu vert à l'entrée en vigueur de l'accord nucléaire historique conclu entre l'Iran et les grandes puissances, soulignant que Téhéran a tenu ses engagements en vue d'une levée des sanctions internationales. Article régulièrement mis à jour - Cliquer ici pour rafraîchir « L'Iran a appliqué toutes les mesures requises [aux termes de l'accord de juillet, ndlr] pour permettre l'entrée en vigueur de cet accord », a annoncé le secrétaire général de l'agence onusienne, Yukiya Amano, dans un communiqué publié à Vienne, où les chefs de la diplomatie iranienne, européenne et américaine étaient réunis pour d'ultimes discussions. Quelques minutes plus tard, un responsable américain confirmait l'entrée en vigueur de l'accord sur le nucléaire iranien conclu entre Téhéran et les grandes puissances, ouvrant la voie à une levée des sanctions internationales contre la République islamique. Ce qu'a ensuite officiellement confirmé le secrétaire d'Etat américain John Kerry. Dans la foulée, l'Union européenne a également adopté la décision levant ses sanctions économiques et financières contre l'Iran. La décision adoptée par les 28 Etats membres doit encore être publiée au Journal officiel de l'UE pour entrer en vigueur.     Depuis juillet, l'Iran a réduit de façon drastique le nombre de ses centrifugeuses installées sur ses sites d'enrichissement de l'uranium, livré des tonnes l'uranium faiblement enrichi à la Russie et démantelé le cœur de son réacteur nucléaire d'Arak. Réactions Le « speaker » (président) de la Chambre des représentants américaine, le républicain Paul Ryan, a pour sa part vigoureusement dénoncé la levée des sanctions contre l'Iran : « Aujourd'hui, l'administration Obama va commencer à lever les sanctions économiques contre le principal Etat soutenant le terrorisme dans le monde », a-t-il affirmé, ajoutant que Téhéran allait « très probablement » profiter de sa nouvelle manne financière pour continuer « à financer le terrorisme ». « Même après avoir signé l'accord nucléaire, l'Iran n'a pas abandonné ses ambitions de se doter d'armes nucléaires et continue à déstabiliser le Moyen-Orient et à répandre la terreur à travers le monde en violant ses engagements internationaux », a accusé Benyamin Netanyahu, avertissant qu'Israël allait « surveiller l'application de l'accord ». Le ministre britannique des Affaires étrangères Philip Hammond a lui salué la mise en oeuvre de l'accord nucléaire entre l'Iran et les grandes puissances, la qualifiant d'« importante étape » qui rend « le monde plus sûr ». Pour Berlin, l'accord avec l'Iran est un « succès historique de la diplomatie ». Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a de son côté salué une « étape majeure ». La France, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, s'est félicitée de « la pleine mise en oeuvre de l'accord nucléaire avec l'Iran », en espérant un même « esprit de coopération » pour « tous les enjeux régionaux ». La population iranienne soulagée Avec notre correspondant à Téhéran,  Siavosh Ghazi Les Iraniens attendaient avec impatience cette annonce. Mais à cause de l'heure très tardive, le président Hassan Rohani a annulé une intervention télévisée qu'il devait faire après l'annonce de la mise en application de l'accord. C'est un immense soulagement. En dehors d'une petite partie des ultraconservateurs, tout l'échiquier politique soutenait l'accord nucléaire qui permet de lever les sanctions internationales. Pour les Iraniens, c'est d'abord le retablissement de toutes les relations bancaires et financières. Ils pourront envoyer ou recevoir de l'argent et importer et exporter plus facilement des produits. Téhéran peut aussi reprendre ses exportations pétrolières, qui ont baissé de près de 60% à cause des sanctions. Tous les secteurs, notamment les secteurs automobile, énergétique, du tourisme ou de l'aviation ont besoin d'énormes invesitissements. Reste que la chute des prix du pétrole qui a descendu à moins de 30 dollars contre plus de 100 il y a un an peut rendre amer ce succès diplomatique. En effet, le gouvernement va manquer considérablement d'argent pour relancer son économie. Mais le président Rohani, qui a réussi à mettre fin à 12 ans de crise avec le monde, espère pouvoir profiter de ce succès diplomatique lors des prochaines élections législatives du 26 février pour prendre le contrôle du Parlement qui est actuellement contrôlé par les conservateurs, et accélérer ses réformes politiques et sociales.

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